Béatrice
Dupire

Eden

Si l’odyssée et l’infini n’ont pas de limite, donc d’horizon, l’homme — disons, la pensée qui l’habite — à le traverser, n’a pas d’autre but que de devoir s’y perdre. Mais loin d’être une raison intrinsèque, l’égarement n’est qu’une géniale conséquence, Par-delà tout mystère, n’y aurait-il pas quand même quelque chose à trouver, à débusquer au nom de l’humanité ou de la survie de l’espèce ?

Pour François Vautier, ce qui serait à découvrir est un lieu, un espace qui emprunte sa figure à l’imagerie biblique du paradis perdu, une sorte d’Eden hors norme où la nature aurait d’abord son droit. Luxuriance, immensité, originalité des formes vivants augmentées…

Foulant toujours le même registre d’évolution, l’artiste imagine un lieu dépourvu de toute notion de mal et d’affliction, où l’homme, transhumanisé et soulagé de sa nature belliqueuse, aurait finalement peut-être bien sa place.